Quand je parcours ces espaces où l’on publie des images de sa journée, je vois des repas disposés avec soin, des routes sans poussière, des visages sans aucune fatigue. Car beaucoup cherchent à partager avec les autres une vision idéalisée de la réalité, et ces publications attirent des approbations qui paraissent les renforcer. Or ce que l’on voit ainsi reste partiel, car la vie quotidienne comporte des tâches ordinaires, des moments sans éclat, des hésitations qui ne se prêtent pas à l’arrangement. Donc en ne montrant que ce qui flatte le regard, on maintient une distance entre ce que l’on vit et ce que les autres perçoivent.
Sénèque disait « La philosophie enseigne à faire non à parler : ce qu’elle exige, c’est que tous vivent d’après sa loi ; que la vie ne démente point les discours et que la teinte de toutes nos actions soit une. » (Lettres à Lucilius, Lettre XX)
(… suite dans le livre)
→ Lire prochainement la lettre complète dans Lettres au visage sans masque (publication prévue janvier 2026).
