L’opinion des autres

Quand on exprime un avis dans nos conversations quotidiennes, on voit souvent des critiques arriver, des mots qui piquent, des désaccords qui pèsent. C’est pourquoi beaucoup se censurent et modifient leur pensée pour éviter des réactions désagréables, ou préfèrent même se taire.

Or ces opinions extérieures qui contraignent à l’auto-censure restent des choses qui ne dépendent pas de nous, car elles viennent des jugements d’autrui, variables et indépendants de notre volonté. Donc en changeant ce que l’on dit pour correspondre à ce que l’on imagine attendu, on crée un écart entre la raison qui nous anime et l’expression que l’on produit, et cet écart que l’on s’inflige en croyant bien faire est bien plus épuisant qu’un éventuel désaccord.

Marc Aurèle disait : « Qu’y a-t-il donc au monde qui mérite notre estime ? Est-ce d’être loué et applaudi ? Pas du tout. Par conséquent, les acclamations et les cris d’enthousiasme n’ont guère plus de prix ; et les félicitations de la foule ne sont qu’un vain tapage de voix. » (Marc Aurèle, Pensées pour moi-même, Livre VI, §16)

(… suite dans le livre)

→ Lire prochainement la lettre complète dans Lettres au visage sans masque (publication prévue janvier 2026).